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Comment savoir si mon site a été piraté ?
Un site piraté n'affiche pas forcément une tête de mort sur sa page d'accueil. Le plus souvent, rien ne se voit. Voici les signes qui doivent vous alerter, les vérifications que vous pouvez faire vous-même, et quoi faire si le doute se confirme.
Un piratage ne se voit pas toujours
On imagine un site défiguré, avec un message de revendication. C'est l'exception. La plupart des pirates veulent au contraire se servir de votre site sans que vous le remarquiez : envoyer des courriers indésirables en votre nom, y cacher des pages frauduleuses, rediriger vos visiteurs vers d'autres sites, récupérer des données ou utiliser la puissance de votre serveur.
Tant que personne ne s'en aperçoit, le site leur rapporte. C'est pourquoi beaucoup d'entreprises l'apprennent par quelqu'un d'autre : un client, leur hébergeur, ou Google.
Les signes qui doivent vous alerter
Ce que vous ou vos clients pouvez remarquer
- Le navigateur affiche un avertissement en rouge avant d'ouvrir votre site, en le présentant comme trompeur ou dangereux.
- Dans Google, votre site apparaît avec des pages que vous n'avez jamais écrites, souvent dans une autre langue, qui vantent des médicaments, des jeux d'argent ou des contrefaçons.
- Certains visiteurs sont envoyés vers un autre site. Souvent seulement sur téléphone, ou seulement quand ils arrivent depuis Google : le pirate s'arrange pour que le propriétaire, qui tape l'adresse directement, ne voie rien.
- Des comptes administrateurs que personne ne connaît sont apparus, ou des pages ont changé sans raison.
- Le site est devenu très lent, ou tombe régulièrement, sans hausse de fréquentation.
Ce que votre messagerie peut révéler
- Vos emails arrivent de plus en plus souvent dans les courriers indésirables de vos correspondants.
- Des clients reçoivent des messages à votre nom que vous n'avez pas envoyés.
- Votre hébergeur vous signale un envoi massif d'emails ou une activité anormale, voire suspend votre site.
Les vérifications que vous pouvez faire vous-même
Chercher votre site dans Google
Tapez dans Google site: suivi de votre nom de domaine, sans espace (par exemple site:monentreprise.fr). Google liste alors les pages qu'il connaît de votre site. Des titres que vous ne reconnaissez pas, des mots dans une langue étrangère ou des produits sans rapport avec votre activité sont un très mauvais signe.
Consulter la Search Console de Google
La Search Console est un outil gratuit de Google pour les propriétaires de sites. Sa rubrique « Problèmes de sécurité » indique si Google a détecté du contenu piraté ou des logiciels malveillants sur votre site. Si elle n'est pas encore installée, demandez-la à votre prestataire : elle sert aussi à suivre votre référencement.
Passer en revue les comptes qui ont accès
Regardez la liste des administrateurs de votre site, de votre compte chez l'hébergeur et des accès techniques. Un compte inconnu, ou celui d'un ancien prestataire toujours actif, doit être examiné puis supprimé.
Interroger votre prestataire
Demandez-lui quand les logiciels du site et du serveur ont été mis à jour pour la dernière fois, et si les journaux du serveur (le registre de toutes les visites) montrent des connexions inhabituelles.
Ces vérifications repèrent les cas visibles. Une porte dérobée discrète, c'est-à-dire un accès caché laissé par un pirate pour revenir, ne se voit pas depuis Google : pour la trouver, il faut examiner le serveur lui-même, ses fichiers, ses journaux et ses logiciels.
Si le doute se confirme
- Ne supprimez pas tout dans la précipitation. Les traces laissées par le pirate disent par où il est entré. Réinstaller sans avoir compris, c'est laisser la porte ouverte : le site est souvent piraté de nouveau peu après.
- Changez les mots de passe de l'administration du site, de l'hébergement, de la base de données et de la messagerie, depuis un ordinateur sain.
- Prévenez votre prestataire et votre hébergeur, pour qu'ils isolent le site et conservent les journaux.
- Pensez aux données personnelles. Si des données de clients ou de salariés ont pu être consultées ou volées, le RGPD impose en principe de le notifier à la CNIL dans les 72 heures après en avoir pris connaissance.
- Faites-vous aider. Le site public cybermalveillance.gouv.fr détaille les démarches, dont le dépôt de plainte, et recense des prestataires.
Ne plus l'apprendre par hasard
La plupart des piratages partent de causes simples : un logiciel pas à jour, un fichier oublié en accès libre, un mot de passe trop faible. Ce sont précisément les points que nous surveillons sur vos serveurs.
Avec notre surveillance de sécurité, nous lisons les journaux de votre serveur pour repérer les tentatives d'intrusion, nous comparons chaque jour vos logiciels aux listes publiques de failles, et nous recherchons régulièrement les fichiers malveillants et les portes dérobées. En cas d'alerte sérieuse, nous vérifions d'abord qu'il ne s'agit pas d'une fausse alerte, puis nous prévenons la personne que vous avez désignée, avec l'action recommandée. Notre accès est en lecture seule : nous ne modifions rien sans votre accord écrit.
Vos questions
Mon site fonctionne normalement : peut-il quand même être piraté ?
Oui. Un pirate a tout intérêt à ce que votre site continue de fonctionner normalement, pour s'en servir le plus longtemps possible sans être repéré. L'absence de symptôme ne prouve rien.
Mon hébergeur ne s'occupe-t-il pas déjà de la sécurité ?
En général, l'hébergeur protège ses propres machines et son réseau. Ce que vous installez dessus, votre site, ses extensions et vos mots de passe, reste le plus souvent sous votre responsabilité. Votre contrat d'hébergement précise qui fait quoi.
L'antivirus de mon ordinateur protège-t-il mon site ?
Non. Votre site ne tourne pas sur votre ordinateur mais sur un serveur, chez votre hébergeur. C'est ce serveur qu'il faut vérifier et tenir à jour.